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Rencontre Sarkozy-Merkel : la France assise sur le porte-bagage de la droite allemande.

La rencontre entre la Chancelière Merkel et le Président Sarkozy est marquée par des demi-propositions dont aucune n’est de nature à dompter les marchés.

En fait de gouvernement économique de la zone euro, le tandem Merkel-Sarkozy propose la tenue d’une réunion de gouvernance semestrielle. C’est trop peu, s’il n’est pas déjà trop tard. Il faut des mesures plus énergiques et plus dirigistes d’un point de vue politique. Dans une période où les « marchés » font mouvement heure après heure, une réunion semestrielle de discussion ne peut qu’inquiéter les citoyens sur la capacités de décision de nos dirigeants.

Abandonnant les eurobonds, Paris et Berlin signent un aveu d’impuissance inquiétant, exclusivement lié aux exigences égoïstes de la droite allemande. Pis, nous constatons que si Nicolas Sarkozy prétend piloter le tandem Paris-Berlin, il est en fait assis sur le porte-bagage de la droite Allemande. Voici le gouvernement français non seulement soumis aux pressions quotidiennes de marchés quasi-irrationnels mais aussi à une droite allemande de plus en plus réticente à l’idée de solidarité européenne.

Quant à la « règle d’or » – une idée en vigueur depuis déjà vingt ans dans l’union européenne à travers le pacte de stabilité  -  elle est quant à elle la signature d’un dogmatisme délétère. Cette « règle d’or »  risque de devenir un fardeau lourd comme du plomb pour les peuples européens. Si la seule politique économique commune est celle qui précipite notre continent dans la récession, c’est le meilleur moyen de détruire la construction européenne !

Seul point positif, Madame Merkel et Nicolas Sarkozy semblent s’être ralliés à l’idée d’une taxe sur les transactions financières, déjà proposée par le Parlement européen mais dont l’adoption a été, jusqu’ici empêchée par le conservatisme des dirigeants de nos deux pays.

Il est temps de prendre des mesures politiques qui transforment en profondeur notre système économique et reprennent par l’autorité le contrôle des marchés.

Arnaud Montebourg

 

 

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46 Réactions

  1. Bonjour,
    entièrement d’accord avec l’analyse d’optimiste du 38.
    Si à cause d’une trop faible présence médiatique (voulue par le ps?) arnaud montebourg a très peu de chances de faire entendre sa voix lors des primaires il est certain qu’ensuite je ne voterai pas ps et que mon vote sera plus utile à gauche (mélenchon car franchement je ne considère pas aubry valls hollande et royal encore à gauche).
    Monsieur Montebourg vous êtes avec monsieur mélenchon mes derniers espoirs d’un président à gauche qui ne soutiendra pas les marchés contre le peuple de france alors de grâce si vous êtes élu lors des primaires rassemblez à votre gauche et si vous n’êtes pas élu glissez à gauche ou vos idées seront j’en suis sur entendue et prises en compte bien plus que dans votre parti.

  2. M. Montebourg,
    Il y un appel qui circule sur Mediapart « appel européen contre la dictature financière ». L’avez-vous signé? Sinon, vous pourriez allez voir. Si oui, vous pourriez le faire savoir publiquement et lui faire ainsi de la pub, cela me semble coller avec vos convictions affichées.
    Félicitations pour le soutien de M. Chevènement, qui ne m’étonne guère dans le fond.

    PM: Je constate, M. Hadrien, que vous montez dans une voiture sans frein sans problème (sous prétexte que vous ne connaissez personne qui en soit encore mort, ou que votre mort ne soit pas certaine, ou que je ne puisse vous donner l’heure exacte…)

  3. «Il y un appel qui circule sur Mediapart « appel européen contre la dictature financière»

    Le problème de ces appels c’est qu’ils sont vagues. Ce sont des expressions de bonnes intentions sans suites.

    J’avais, moi, relaté une proposition concrète du Financial Times qui remet en cause le cadre établi.

    J’attends toujours qu’un seul politique se saisisse de cette aubaine pour sortir de la pensée unique.

  4. On se bat toujours pour ce qui nous manque le plus

    « On a pas supprimé la dictature du prolétariat pour celle de l’actionnariat»

    Dixit Lionel Jospin; mais le CAC 40 était à 7400 points et le déficit à 3% du pib; sans doute l’un des meilleurs bilan d’un quinquenat tout en laissant filer les déficits supplémentaires pour parvenir à l’euro.

    L’incrédulité, la stupidité des réponses adoptées par notre exécutif et votre parti mais c’est aussi votre idée (les eurobonds en fédéralisant les dettes publiques et privées des Etats) face à la crise financière des subprime depuis 3 ans ! Crise qui est en réalité celle de la finance privée, était voué à produire, via le canal du crédit, une récession monstrueuse mais surtout désastreuse sur les finances publiques. C’est le retour de bâton du mirage de la mondialisation financière..

    Vous croyez pouvoir encore tout sauver alors-que l’euro et la construction européenne sont en train de mourir dans une récession désastreuse sans remise en cause fondamentale des dirigeants, des institutions et des lois. Mais il est déjà trop tard !

    C’est, j’ose le dire, la rançon de la gloire du néolibéralisme outrancier, fruit d’un régime du surendettement généralisé que vous avez institué également au PS en privatisant le fleuron de notre industrie et en passant outre le référendum du peuple par un tour de passe-passe juridique institutionnel qui vous avait dit non à la constitution européenne. Ce qui soit dit en passant est un grave déni démocratique et que la crédibilité politique des dirigeants du PS et de l’Union des Moutons de Panurge est considérée comme obsolète. Je dois quand même rendre hommage à Laurent Fabius, Henri Emmanueli, et Jean-Luc Mélanchon mais je n’ai pas vu Arnaud Montebourg prendre part à la campagne du non, si ce n’est qu’il a voté ,comme moi-même et la majorité de nos concitoyens, emportant le NON en 2005…

    Si nous nous rapprochons sur ce point et d’autres comme la règle d’or mais il n’en est pas de même sur la fédéralisation des dettes de la zone euro ! Je dois quand même remercier Angela Merkel et ce n’est pas par pression de la droite NPD et d’autres partis ont gagné des sièges mais le bon sens de ne pas nous entraîner sur ce terrain. Si nous pouvions identifier l’erreur congénitale constitutive du FSE (fond de secours européen ou EFSF (European Financial Stability Facility), qui consiste à produire des surendettés futurs pour sauver les surendettés présents ! Ce vice congénital pouvait passer inaperçu tant qu’il s’agissait d’en secourir un petit nombre avec une dilution de la contribution sur l’ensemble euroland. Tout demeurait encore tolérable pour les finances publiques.
    A ce jour il ne l’est plus, en effet: l’encours des dettes souveraines de la zone euro est considérable en milliards d’euros : Italie 1840, Espagne 638, Portugal 160, Irlande 148, et Grèce 328. Si bien que le FSE devra faire face a un engagement de plus de 1150 milliards ! Mission impossible face aux capitaux mobilisables des Hedgefunds par exemple qui gèrent 2500 milliards de$ de liquidités en secondes. S’ils leur prenaient l’envie de s’attaquer à l’Italie ou à l’Espagne sur la spéculation contre leurs dettes souveraines; l’hémorragie sera impossible à stopper si les exécutifs européens ne fassent pas tout pour tuer la spéculation naissante où seule la BCE serait en mesure de répondre ce par ailleurs elle est en train de faire en rachetant les titres véreux et elle passera peut-être ce seuil critique ou l’euroland ne sera que ruine fumante !

    L’illusion et le rêve d’Arnaud Montebourg sur le « miracle des eurobonds fédéralistes »

    Ceux-là même qui vous ont trompé PS UMP, NC, etc.. menti en vous affirmant depuis 20 ans que la constitution vous protègerai contre la mondialisation néolibérale c’est à dire la délocalisation de nos emplois et nos industries prônent aujourd’hui en désespoir de cause et pour éviter la ruine finale un fédéralisme en la fusion des dettes publiques de l’euroland en eurobonds communs indifférenciés !
    C’est faire fi de la réaction des marchés d’investissements qui seraient devenus subitement amnésiques ! Car ils connaissent parfaitement les situations détaillées et travaillent en secondes. Alors de même que de taxer les transactions financières faites moi rire quand tout ordre passe en quelques milliseconde  !!!
    Il serait donc indispensable, d’une intégration centrale si poussée qu’elle ne laisserait aux nations membres de l’euroland qu’une importance financière quasi nulle. Le poids de l’Etat fédéral et des Etats fédérés atteignant des proportions états-unienne ! Mais surtout une citoyenneté unique européenne que je ne suis pas prêt d’accepter ! Impossible à faire quand l’on connaît la lenteur décisionnelle européenne ! Si la Confédération Helvétique inspire l’Europe unifiée à Arnaud Montebourg quel beau rêve je ne sais pas si ce sera pour ce siècle ?

    Quelles solutions  ?
    Laisser le système bancaire mourir, dans la situation où toutes les banques seront écroulées et les finances publiques incapables d’y remédier (si j’étais président je ne lèverais pas même le petit doigt pour les secourir). Faire tourner la planche à billet pour ramasser les banques privées effondrées pour les nationalisé, les recapitalisés avec une garantie des divers dépôts dotées de propriété de justice sociale pas de 16 ème mois de prime ni de rémunérations variables, plus d’actionnaires à rémunérer mais des contrôles citoyens se recentrant sur l’investissement économique réel des entreprises de la zone euro. Fini les notations !
    Mais l’essentiel pour vous Arnaud Montebourg : sachez que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance ne renoncera de lui-même à ses privilèges. Seuls peuvent le mettre en pièce la force d’un mouvement insurrectionnel. D’ailleurs aucun parti à l’exécutif n’a de réel désir de l’attaquer pour le contenir dans un cadre précis. Quoiqu’il en soit le peuple reprendra ses droits par la sanction des urnes soit par la force des baïonnettes quand on lui ‘imposera la rigueur, ce que le peuple non responsable n’acceptera pas…En attendant La crise durera, la dette s’amplifiera et les inégalités augmenteront-elles jusqu’à la guerre civile ? Il est grand temps de changer de politique et de regarder avec lucidité notre avenir sur la finance à moyen terme.

    Par une ironie du sort dont l’histoire marxiste en possède le secret se répéterait, le néolibéralisme où nous ont conduit nos exécutifs pourrait bien mourir de sa belle mort qu’il a tant décrié : sa dette !!!.

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