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A. Montebourg, signataire du « Manifeste pour plus de démocratie en Europe »

Porté par l’Association pour la Démocratie Européenne, le « Manifeste pour plus de démocratie en Europe » rappelle avec force que l’Europe a besoin de davantage de démocratie et pose le principe de l’élection du (de la) Président(e) de la Commission européenne par le Parlement Européen qui serait une première avancée vers la mise en place d’une véritable démocratie européenne.

Manifeste pour plus de démocratie en Europe

 

L’Union européenne fait face à une crise structurelle de légitimité. Au cours des seize dernières années, sept référendums européens ont été refusés. Des citoyens pro-européens ont voté contre l’Europe car ils craignent que l’UE s’engage dans une direction qu’ils ne saisissent pas, à laquelle ils n’adhèrent pas, ou qu’ils ne contrôlent pas. Le mécontentement ne cesse de grandir face aux insuffisances démocratiques du fonctionnement de l’Union européenne. Le message derrière ces refus référendaires est clair : les Européens veulent une Europe différente. Ils veulent une Europe plus démocratique. 

En dépit des quelques régressions récentes, l’intégration européenne est le projet politique le plus exaltant de notre temps. Elle a assuré une paix durable, rassemblé les peuples, généré une prospérité croissante, libéré les échanges entre les citoyens et les cultures, protégé les droits individuels, et a contribué à la sécurité aussi bien sur le plan national qu’international. Les citoyens européens tirent des avantages du marché unique qui a permis de résister aux chocs de la mondialisation, et la plupart d’entre eux ont l’Euro comme monnaie commune. Cette avancée eût été inimaginable ne serait-ce qu’un demi-siècle auparavant. 

Les citoyens européens sont entièrement conscients qu’ils partagent des intérêts et de biens communs européens qui les concernent tous. Ayant tous grandis au sein de sociétés démocratiques, ils revendiquent le droit de choisir la manière dont leurs biens publics doivent être gérés. Or ils se sentent exclus du processus politique en Europe. Les gouvernements négocient les politiques, les parlements doivent les approuver – au risque sinon de laisser couler toute la construction de l’Europe. 

De « bonnes politiques » et de meilleurs résultats sont souhaitables, mais dans une Europe à 27 et comptant 500 millions de citoyens, ils s’avèrent extrêmement difficile à atteindre. Sous couvert de consensus, les biens communs se retrouvent pris en otage par des intérêts individuels et nationaux. C’est pourquoi le processus de décision politique européen doit impérativement évoluer vers un mode décisionnel plus démocratique. Les citoyens attendent de l’Europe plus que d’obscurs compromis consensuels entre les pays et les partis. 

Cinquante ans après la fondation de l’Europe, il est temps de réinstaurer le principe démocratique moderne selon lequel les citoyens, et non les gouvernements, sont souverains. Et replacer les citoyens européens au centre du jeu démocratique passe par l’élection du Parlement Européen en 2009. Elle offre l’occasion de leur rendre le pouvoir et d’ouvrir un large débat politique dans toute l’Europe. 

Nous pensons que la démocratie implique le choix. Afin de pouvoir choisir, des programmes clairs et cohérents exposant les différentes politiques doivent être présentés. Si l’on se réfère au traité de Lisbonne « les partis politiques au niveau européen contribuent à la formation de la conscience politique européenne et à l’expression de la volonté des citoyens de l’Union ». C’est un principe sensé. Par leur vote, les citoyens européens devraient pouvoir choisir celui ou celle qui défendra au mieux leurs intérêts et leurs préférences pour la conduite des affaires de l’Europe. Nous aimerions voir l’émergence de véritables partis politiques européens qui représentent ainsi des alternatives politiques et engagent un débat à travers l’Europe. 

Cependant, le choix politique doit avoir un visage. Les partis politiques doivent nommer leur candidat(e) pour la présidence de la Commission européenne, lequel (laquelle) sera soumis(e) au suffrage universel, de manière à ce que les citoyens puissent choisir celui (celle) qui représentera leurs intérêts. 

L’Europe a besoin de davantage de démocratie. L’élection du (de la) Président(e) de la Commission européenne par le Parlement Européen s’avèrerait être une première avancée vers la mise en place d’une véritable démocratie européenne. Nous sommes convaincus qu’une telle démocratie nécessite par ailleurs une Union Politique, au sein de laquelle, les citoyens, et non les gouvernements, valident l’orientation et contrôlent la mise en place des politiques. 

Nous lançons un appel au Conseil européen afin qu’il laisse au Parlement la responsabilité de désigner le prochain président de la Commission européenne. 

Nous lançons un appel au Parlement Européen élu en 2009 afin qu’il saisisse pleinement l’opportunité d’engager un débat à travers l’Europe sur la direction à prendre pour l’Union européenne. 

Nous sommes convaincus qu’il s’agit là du meilleur moyen pour améliorer l’efficacité et la légitimité de la décision politique au sein de l’Union Européenne, et par là même de préserver l’avenir de l’intégration européenne. 

Signataires, au 26 janvier 2009 :

Amato Giuliano, former Prime minister, Rome
Marco Causi, Deputato, Rome
Collignon Stefan, President of the Association for European Democracy
Dastoli Pier Virgiglio, European Commission, Rome
Halligan Brendan, chairman of Institute of International and European Affaire, Dublin, former MEP
Jozzo Alfonso, Presidente della Cassa Depositi e Prestiti (Roma)
Leinen Jo MEP, Chairman of Constitutional Committee in the European Parliament
Montebourg Arnaud, Deputy chairman, Socialist Group Assemblée Nationale, Paris
Moscovici Pierre, former Minister, Assemblée Nazionale, Paris
Nahles Andrea ,Vice-president Socialdemocratic Party Germany 
Nicolas Charline, General Secretary Association for European Democracy, France
O’Donoghue Martin, former Minister, Ireland
Paul Christian, former Minister and Member of Parliament, France
Ruffolo Giorgio, former Minister, Italy
Schwall-Durren Angelika, Vice-president SPD parliamentary group, Bundestag, Berlin 
Sommer Michael, President Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB)
Veltroni Walter, leader Democratic Party, Rome

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