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Nous plaidons pour l’édification d’une véritable politique industrielle de l’Europe

L’Europe n’a que trop délaissé son industrie, la trop peu défendue, et la même souvent sacrifiée face à d’autres objectifs. Moyennant quoi, Il y a aujourd’hui état d’urgence, car si l’Union européenne reste une puissance industrielle de premier plan, son industrie a perdu 3 millions d’emplois depuis 2008 et enregistré une baisse de sa production de 10% par rapport aux niveaux constatés avant la crise.

Il est donc temps que la priorité soit donnée à l’économie réelle, et donc à l’industrie, source principale d’emploi, d’innovation, de croissance et d’exportation.

Pour cela, l’Europe doit prendre conscience de cette situation mais également de sa force. Je suis frappé de constater à quel point les Européens ont perdu la conscience de leur puissance économique. L’Europe c’est 500 millions d’habitants, le premier marché, le plus solvable au monde. La France et l’Allemagne réalisent à elles deux 90 % du PIB Chinois ! C’est une force gigantesque pour peser sur les grandes décisions macro-économiques, si nous sommes unis et déterminés.

Cette force elle doit par exemple être pleinement utilisée dans le cadre de notre politique commerciale. Notre Union ne doit plus être la passoire de la concurrence déloyale. Face aux pratiques de dumping de nos concurrents ou face à l’arrivée, bien trop massive, sur notre marché de produits ne respectant pas nos normes, l’Europe doit réagir avec fermeté et détermination.

Plus largement, l’Europe doit davantage veiller à préserver la compétitivité de son industrie lorsqu’elle adopte des réglementations. A force de faire peser des règles uniquement sur les industries européennes, les coûts de production, notamment énergétiques, vont être de plus en plus élevés et nous allons faire produire ailleurs. Par exemple, les règles que l’Europe s’impose à elle-même en termes de réduction des émissions de CO2 ne conduiront qu’à des délocalisations (dont découleront assurément des augmentations d’émissions de CO2) si elles ne sont pas accompagnées d’un mécanisme d’inclusion carbone pour les secteurs les plus exposés à la concurrence internationale.

Il nous appartient de faire respecter ce type de règles pour assurer une mondialisation équitable fondée sur la réciprocité, l’équilibre des changes, et qui garantisse le respect de normes sociales et environnementales.

L’Europe doit également se donner les moyens de son action. Un budget européen tourné vers la croissance, et qui se focalise en particulier sur la R&D industrielle et l’innovation est une nécessité. Mais dans le même temps, les Etats membres doivent aussi pouvoir agir, en aidant leur entreprises, y compris financièrement dans la concurrence mondiale. En Chine, par exemple, les aides d’Etat elles, font l’objet de décisions officielles et assumées. La construction de leur industrie repose largement sur celles-ci. En Europe, la plupart des aides sont interdites, par des règles européennes et des contrôles trop lourds, datant d’une époque où la concurrence était à 90% entre européens, pas encore mondialisée. Les Etats membres doivent pouvoir agir, pour a minima s’aligner sur les pratiques de nos grands concurrents mondiaux, encore une fois, dans un esprit de réciprocité.

Cette prise de conscience progresse. Nous y contribuons, plaidons pour l’édification d’une véritable politique industrielle de l’Europe. Il faut convaincre, inlassablement. Nous nous y attelons. Nous allons voir les ministres de l’Industrie les uns après les autres, les commissaires, les Etats-membres, échangeons et débattons avec vigueur, lors de chaque Conseil des ministres de l’Industrie.

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2 Réactions

  1. Les propos de Stéphane Richard dans le Figaro sont fondés , il a raison, il faudrait que les élus refondent la feuille de route des commissaires non-élus.

    Depuis des années je martelle ce qui suit, avec Stéphane Richard je me sens moins isolé.

    Sortir du dogme concurrentiel Bruxellois halte au consumérisme doctrinaire !!

    Il faut faire des champions en Europe !! Pour cela il faut que les commissaires européens opèrent une vraie révolution culturelle : « Sortir de l’obsession concurrentielle au nom de la prétendue défense du consommateur européen comme seule doctrine, politique qui oppose les acteurs européens et les affaiblit, et par suite est mauvaise pour l’emploi du……..consommateur européen ».
    De plus ces arguments sont souvent défendus par des commissaires venant de « petits pays » peu industrialisés sans leader mondial ( actuellement le commissaire à la concurrence est un portugais, ou d’un autre pays sans tradition industrielle…) , qui ne se sentent pas concernés par l’industrie des pays qui eux en ont … des leaders… Il faut changer la feuille de route de ces fonctionnaires et opérer une vraie révolution culturelle. Cette politique a échoué, les faits et les chiffres sont accablants : des augmentations de prix pour le consommateur européens, et des millions d’emplois supprimés.
    Il faut accepter les fusions qui ont un sens industriel, elles sont à moyen terme génératrice de profits donc d’emplois.
    Exemple d’absurdité : RFF et la SNCF, il était urgent de les regrouper, bravo pour l’avoir fait, même si l’énorme dette de RFF viendrait plomber les comptes de la SNCF. Mais sur le plan de la logique industrielle c’est une évidence.

    RTE et EDF : même bêtise ( moindre car RTE dépend toujours d’EDF) pour libéraliser le marché de l’électricité ce qui est censé permettre au consommateur européen de faire jouer la concurrence, on force de fait EDF à augmenter ses prix pour compenser les prix bas qu’on lui impose de pratiquer vers ses concurrents simples revendeurs, dépourvus de moyens de production !!! Surréaliste !!!! Et que dire du surcoût imposé de l’électricité verte…
    Les monopoles ne sont forcément mauvais pour l’Europe !! En tout cas il en faudra pour résister à la pression des pays émergés qui ne vont pas tarder à nous proposer autre chose que du textile ou de l’électronique grand public, .. bientôt des trains, des avions, des biens d’équipement…

  2. J’aime beaucoup cette article

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