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Le député socialiste Arnaud Montebourg a promis un « branle-bas de combat généralisé » à l’Assemblée nationale – Europe 1, 18/12/08

Invité d’Europe 1 jeudi matin, le député socialiste Arnaud Montebourg a promis un « branle-bas de combat généralisé » à l’Assemblée nationale face aux « agressions que le gouvernement porte contre les libertés politiques ». Dans sa ligne de mire : la réforme sur le travail dominical.


Un « branle-bas de combat généralisé » à l’Assemblée nationale face aux « agressions que le gouvernement porte contre les libertés politiques » : c’est ce qu’a promis jeudi matin sur Europe 1, le député socialiste Arnaud Montebourg. Le secrétaire national chargé de la rénovation du PS a prévenu que le gouvernement devrait « passer sur le corps » des députés socialistes pour faire adopter la réforme sur le travail dominical. Ce qui se trame derrière, c’est la fin des grands débats parlementaires. Il est impossible en France que, sur les grands débats parlementaires, on passe les lois en deux jours comme des formalités et des lettres à la boîte. »
Mercredi soir, le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a décidé de lever la séance sur le travail dominical à la demande du président du groupe UMP, Jean-François Copé. En cause, la tension dans les travées mais aussi le risque de voir votée une motion de procédure du fait d’un nombre plus important de députés à la gauche qu’à la droite de l’hémicycle.

Marc-Olivier Fogiel : Bonjour Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg : Bonjour
MOF : Vous êtes député et président du Conseil général de Saône et Loire, secrétaire national du PS chargé de la rénovation et on a bien vu avec la loi sur l’audiovisuel qui a été adoptée malgré vos nombreux amendements, le Gouvernement s’agace de votre méthode d’amendements en rafale. François Fillon qui sera là tout à l’heure parle même de guérilla parlementaire qui n’a rien à voir avec la démocratie. Vous lui répondez quoi ce matin ?
AM : Que ce n’est pas au Gouvernement de dire ce qui est bon ou mauvais pour le Parlement. C’est au Parlement d’ailleurs, dans souveraineté, que l’on soit de droite ou de gauche, qu’appartient le droit d’amender, c’est à dire de faire la loi. C’est un droit personnel, imprescriptible, si j’ose dire sacré…
MOF : Mais par exemple, hier, le débat de l’examen du texte sur le travail dominical a tourné court à l’Assemblée. Jean-François Copé, le patron des députés UMP, a demandé une levée prématurée de la séance avant minuit en dénonçant les menaces et les injures de l’opposition. On sent qu’en ce moment, entre vous et le gouvernement, peut-être pour revenir en force, cela se tend et cela se radicalise.
AM : Je ne parlerai pas du climat mais de la réalité des agressions que le Gouvernement porte contre les libertés politiques. Je puis vous dire, et je le dis solennellement au Premier ministre, si le Gouvernement maintient ce projet, d’abord il faudra nous passer sur le corps pour que cette affaire puisse intervenir et puis surtout ce qui se trame derrière, c’est la fin des grands débats parlementaires.
MOF : Il faut expliquer aux auditeurs ce qu’est cette réforme. Le Gouvernement a trouvé la parade face à vos amendements en restreignant leur impact, ils pourraient être discutés en commission et non plus au sein de l’hémicycle. C’est un projet de loi organique qui réforme donc le travail législatif et c’est contre ça que ce matin vous vous élevez sur Europe 1, Arnaud Montebourg.
AM : Il n’y a pas que moi. Hier, il y a eu un incident à l’Assemblée nationale car le Président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault a interpellé le Premier ministre qui a dit « mais oui nous allons le faire, nous allons restreindre votre droit de vous exprimer » et je rappelle quand même que les engagements du Gouvernement, du Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Accoyer, UMP, et de tous les dirigeants de la majorité étaient « nous voulons augmenter les droits du Parlement et y compris, ne vous inquiétez pas, de l’opposition ». Nous savons que c’est la manoeuvre exactement contraire qui se prépare. Nous avons décidé le branle-bas de combat généralisé car il est impossible en France que sur les grands débats parlementaires maintenant on passe les lois en deux jours, comme des formalités et des lettres à la boite.
MOF : Et pour les auditeurs qui vous écoutent et donc électeurs, quel spectacle vous pensez que cela donne une Assemblée qui ressemble beaucoup à une cours de récréation de temps en temps ou en tout cas à des moments il y a des tensions extrêmement fortes.
AM : Mais le degré de tension à l’intérieur de l’hémicycle est exactement comparable au degré de tension qui existe dans la société, et c’est bien normal. Les parlementaires parlent, ils sont chargés de porter la parole de la population. Si on dit que l’opposition ne peut plus parler sous prétexte que le spectacle n’est pas formidable et bien c’est la société toute entière qui ne peut plus parler. Ce sont les gens qui perdent leurs portes-paroles. Je suis désolé, Monsieur Fogiel, nous sommes élus pour parler, même lorsque cela est désagréable. Cela s’appelle la démocratie politique.
MOF : Et quand Nicolas Sarkozy vous répond qu’il a été élu pour mener des réformes et que vous l’empêchez de les faire et qu’aujourd’hui il compte bien faire les réformes pour lesquelles il a été élu, vous répondez quoi, Monsieur Montebourg ?
AM : Mais que personne ne l’en empêche. D’ailleurs, vous observerez qu’à chaque fois qu’il y a un grand débat, c’est dans la majorité que ça flanche. Son problème à lui, c’est non seulement de mettre au pas l’opposition en la faisant taire, mais surtout de faire marcher au pas ses propres troupes qui ne veulent plus avancer à son rythme. Vous savez Monsieur Fogiel, si nous n’avons plus le droit d’amender la loi, je vous le dis, ce n’est même plus la peine de déranger les électeurs pour nous envoyer à l’Assemblée nationale. Le pouvoir peut peut-être nous nommer également, pendant qu’il y est.
MOF : Et ce matin donc vous vous élevez contre ça avec aussi peut-être des propositions au PS puisque cela fait longtemps, même si Martine Aubry était là hier et elle nous a dit qu’on allait entendre le PS bientôt, mais cela fait longtemps qu’on entend pas de propositions pour avancer.
AM : Mais vous vous moquez de moi ou quoi ? Cela fait des années que nous défendons la VIe République. Nous défendons depuis des années une contre proposition beaucoup plus ambitieuse et certainement plus respectueuse de la démocratie française.
MOF : Et quand Ségolène Royal dit hier, par exemple, que Martine Aubry est sectaire et qu’elle n’arrive pas à rassembler autour d’elle, vous lui répondez ?
AM : Qu’il est temps quand même que la gauche s’unisse et que nous avons mieux à faire que nous diviser sous les yeux du public.
MOF : Merci Arnaud Montebourg d’avoir été en ligne avec nous ce matin sur Europe 1.
AM : Merci à vous.

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1 Réactions

  1. Khelifi- abdelmalik

    Bjr je suis tout a fait d’ accord de combattre intelligemment et force la constitution que j estime injuste et n ais pas constituer conformément aux textes de lois. C est interlocuteur bananiere je suis enfant d’ harki et je souhaiterai me joindre a vous voici mon numéro de tel 0643908118

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