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Il faut relancer l’industrie en Europe

Tribune publiée dans Le Monde, 12/12/2012

par José Manuel Soria, Alvaro Santos Pereira, Corrado Passera, Arnaud Montebourg, Philipp Rösler

Nous vivons un moment décisif pour l’avenir de l’économie européenne, dans un monde où les modèles de croissance et les sources de compétitivité connaissent des changements considérables. Les économies émergentes, qui deviennent des acteurs-clés de l’économie mondiale, modifient la structure des chaînes de valeur et accélèrent les profondes mutations à l’oeuvre dans l’équilibre des forces économiques, en sont un exemple. Cette situation est riche de perspectives et source de défis. Nos sociétés, nos entrepreneurs et notre main-d’oeuvre doivent être en mesure de faire face à ce modèle, en adaptant les stratégies commerciales. Pour cela, de nouveaux moyens seront nécessaires en termes de compétences et de talent pour affronter la concurrence et jouer un rôle sur la scène internationale.

Malheureusement, l’Europe dans son ensemble ne fait pas face à ces changements au rythme approprié, freinée par la crise financière. En dépit de la diversité de nos structures économiques, les résultats globaux montrent une industrie européenne en stagnation qui limite notre capacité à jeter les bases d’un retour à une trajectoire de croissance durable. Si l’Union européenne reste une puissance industrielle de premier plan, l’industrie a perdu 3 millions d’emplois depuis 2008 et enregistré une baisse de sa production de 10 % par rapport aux niveaux constatés avant la crise.

Notre réussite future doit reposer sur un modèle de croissance forte, diversifiée et durable, dans lequel l’industrie est appelée à jouer un rôle-clé en tant que source principale de création d’emplois, d’investissement, d’innovation et de capital humain. Les objectifs en matière de croissance et d’emploi doivent en conséquence être centrés sur l’industrie et l’innovation. L’Europe a plus que jamais besoin que son économie réelle soit le moteur de la reprise grâce à une base industrielle forte, renouvelée et modernisée. Dans nos pays respectifs, des signaux encourageants sont apparus dans plusieurs secteurs où l’Europe est chef de file. Toutefois, nous avons besoin que davantage d’entreprises compétitives puissent se positionner dans un plus grand nombre de secteurs.

Il appartient à nos étudiants, chercheurs, salariés et entrepreneurs d’innover et de jouer un rôle décisif dans cette phase de transition, mais les autorités publiques doivent également faire face à leurs responsabilités en adoptant les mesures nécessaires pour renforcer nos entreprises et le climat d’affaires dans lequel elles opèrent.

Nous devons relever ces défis majeurs tant au niveau national qu’au niveau européen, en oeuvrant sur plusieurs fronts, en promouvant les réformes structurelles, en adoptant une réglementation favorable à la compétitivité et en mettant en oeuvre une politique industrielle à même de renforcer nos tissus industriels et de résorber nos principaux déséquilibres.

De nombreux pays européens engagent actuellement des réformes d’envergure en considérant la compétitivité, la création d’emplois et l’innovation comme des lignes directrices permettant de remédier à leurs faiblesses spécifiques. Dans le même temps, une réaction forte est nécessaire au niveau européen. Tel est l’esprit qui anime les réunions du Conseil compétitivité qui doivent permettre de jeter les bases de notre nouveau modèle de croissance fondé sur la compétitivité de la production et des investissements, équilibrant et complétant ainsi les mesures financières adoptées par le Conseil Ecofin.

Examen constructif

Les défis actuels sont également pris en compte par la communication de la Commission intitulée « Une industrie européenne plus forte au service de la croissance et de la relance économique » présentée par son vice-président, Antonio Tajani. Les principaux piliers de la politique industrielle y sont clairement axés sur le renforcement de la compétitivité par la promotion d’un cadre favorable aux investissements dans l’innovation, la création de meilleures conditions pour le marché intérieur et les marchés internationaux, la mobilisation des ressources financières publiques et privées et, enfin, l’encouragement des investissements dans le capital humain et les compétences. Les réunions de haut niveau organisées récemment par M. Tajani sur des secteurs économiques importants tels que l’automobile ou la sidérurgie constituent également un signal positif.

De fait, la politique industrielle est de nature horizontale. Le Conseil compétitivité devrait s’efforcer de promouvoir un examen constructif de la plupart des politiques européennes horizontales qui ont un impact sur la compétitivité industrielle, telles que les règles du marché unique, les politiques en matière de concurrence, de commerce, d’environnement, de cohésion, d’innovation et de recherche, l’encadrement des aides d’Etat ou encore des politiques sectorielles comme celle de l’énergie. Notons que l’énergie est une question de première importance pour la compétitivité industrielle de l’UE : la politique européenne de l’énergie devrait être à même de s’attaquer notamment à la question des coûts, en achevant le marché intérieur de l’énergie, en assurant la sécurité de l’approvisionnement et en encourageant de nouvelles énergies de manière durable, à la fois sur le plan financier et sur le plan environnemental.

 

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