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Arnaud Montebourg: «Sarkozy veut bâillonner l’opposition» – Le Parisien.fr, 21/01/09

Propos recueillis par Bernard Mazières | LE PARISIEN.FR 21.01.2009

L’INTERVIEW DU MERCREDI. Député PS et président du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg a signé la motion Aubry au Congrès de Reims. Ardent avocat d’une VI° République pour éviter le risque d’une concentration des pouvoirs dans les seules mains du président de la République, il dénonce la volonté du pouvoir d’empêcher l’opposition de s’exprimer. «Accoyer et Copé se comportent comme les soudards du sectarisme sarkozyste», dit-il.

Boycotter les questions d’actualité aujourd’hui, réclamer la démission du président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer en scandant «démocratie» et en chantant La Marseillaise hier soir au pied de la tribune: les députés socialistes n’en font-ils pas trop sur le projet de réforme du fonctionnement du Parlement ?
Non. Comme l’a déclaré Jean-François Copé, le président du groupe UMP, la majorité a décidé d’empêcher l’expression de la parole populaire. Autrement dit, nous priver de la possibilité en débattant raisonnablement de changer le cours des réformes de Nicolas Sarkozy. Le pouvoir veut nous faire payer nos succès notamment en ce qui concerne les débats sur le travail du dimanche. C’est une tentative pour enfermer le parlement dans un système d’adoption quasi-automatique de tous les textes décidés par le gouvernement. Hier soir, il y a même eu un député UMP pour affirmer que cette réforme était dangereuse.

Que dites-vous à Roger Karoutchi, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, qui fustige votre attitude «scandaleuse et inadmissible» d’hier ?
Tout simplement que c’est le début d’une crise politique majeure dont la majorité est responsable. Après la prise du contrôle par le pouvoir de la télévision publique, de l’invasion de la parole officielle dans les medias, de la tentative d’en finir avec le juge d’instruction, voici maintenant que Sarkozy veut baillonner l’opposition, l’empêcher de mener les combats légitimes qui ont toujours eu lieu dans l’histoire de notre République. Cette affaire est extrêmement grave. Il y a une volonté d’écraser tous les contre-pouvoirs. En plaidant pour une VI° République, je voulais justement éviter la concentration des pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Ma crainte se réalise. La provocation Sarkozy a atteint des sommets.

Quelle suite allez-vous donner à l’Assemblée ?
Dans un premier temps, nous boycottons ce mercredi les questions d’actualité. Il faut un geste fort pour dénoncer cette situation inédite. Le président de la République veut nous écraser, il va lui en cuire. La façon dont MM. Accoyer et Copé se comportent, à savoir comme des soudards du sectarisme sarkozyste, discrédite l’institution parlementaire. Dans cette affaire, la neutralité de notre institution est atteinte. Cette évolution préoccupante de faire dériver tout le système institutionnel pour le mettre dans les mains d’un seul homme provoque des convulsions politiques dans tout le pays. Ce qui se passe à l’Assemblée, c’est ce qui se passe à l’Education nationale, dans la Justice, ou encore dans la presse. C’est le fichage des citoyens, les attaques contre les syndicalistes. Nous n’allons pas nous laisser faire.

Les députés sont en colère, les sénateurs aussi râlent d’avoir à discuter d’un texte, celui de l’audiovisuel public, en partie appliqué…
Là encore, c’est l’illustration du comportement de violence utilisé par l’exécutif à l’égard des contre-pouvoirs.

Dans cette confrontation droite-gauche plus brutale, voyez-vous un effet Martine Aubry ?
C’est une opposition proportionnelle aux provocations du régime. Nous réagissons en fonction des attaques aux droits fondamentaux. Notre attitude est légitime.

Le groupe PS va déposer une motion de censure. Sur quoi portera-t-elle ?
Elle sera à la fois propositionnelle et constructive. Nous allons défendre notre contre-plan de relance montrant qu’il y a une autre politique possible.

Ce plan de relance présenté ce mercredi après-midi par Marine Aubry est-il complémentaire ou radicalement différent de celui proposé par le pouvoir ?
Il est d’une autre ampleur que les placebos proposés par le gouvernement. Il faut un traitement de choc. Notre plan s’inspire des préconisations du FMI et du plan de relance porté par Obama. Il privilégie le pouvoir d’achat. Bien sûr, ce qu’a commencé à faire le gouvernement sur l’investissement ne nous heurte pas mais il ne fait rien pour le pouvoir d’achat des ménages.

Le plan gouvernemental, selon vous, n’est pas à la hauteur pour enrayer la récession annoncée par Bruxelles et encore moins la montée du chômage…
A l’évidence. Il est sans proportion avec les plans allemand, britannique et espagnol. C’est plus un plan de «com» qu’un plan de relance.

Le 29 janvier, grève générale dans le public et le privé, cela illustre-t-il les tensions dont vous parlez ?
Nicolas Sarkozy est élu à travers un mensonge qui le poursuivra toute sa carrière. Il a proclamé qu’il s’intéressait au monde ouvrier et au pouvoir d’achat. Or qu’a-t-il fait? Il a piétiné ses propres engagements. Cette violence faite à sa propre parole détruit sa crédibilité. L’affaire du paquet fiscal en est la preuve. Seuls les riches en ont profité.

Barack Obama, investi mardi 44ème président des Etats-Unis, peut-il changer la donne internationale ?
Il va contribuer à la restauration du leadership mondial américain perdu après huit années de présidence Bush. Sous l’ére Bush, les Etats-Unis ont contribué à aggraver les problèmes du monde. Avec Obama, on peut imaginer que le pays sera à nouveau une référence morale. Je m’en réjouis.

Barack Obama peut-il faire de l’ombre à Nicolas Sarkozy sur la scène internationale ?
Nicolas Sarkozy n’a pas l’importance d’Obama. Loin s’en faut. Il faudrait beaucoup de prétention pour croire le contraire.

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1 Réactions

  1. Notre président a depuis quelques jours demandé au nouveau ministre de l’intérieur d’aller plus loin encore dans l’attaque contre les immigrés. Et après il vas nous parler de diversité, de multiculturalisme … Je ne dis pas que le gouvernement flirt avec le FN, toutefois il est un peu pénible de constater ce jeu permanent à l’approche des éléctions présidentielles. Sarkozy où l’art de flatter les élécteurs du FN en douce

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